La disparition juridique de la SONAB ne marque pas la fin de l’exploitation forestière publique. Le décret prévoit explicitement la continuité des opérations à travers une nouvelle structure : la Société de Développement forestier S.A..
Selon les dispositions du texte, les « actifs sains » de l’ancienne société sont transférés à cette entité, appelée à reprendre et à restructurer les activités du secteur. L’objectif est de préserver les éléments viables tout en corrigeant les limites du modèle précédent.
Durant cette phase de transition, les activités sylvicoles se poursuivent. Il s’agit notamment d’assurer la gestion des plantations et d’éviter toute rupture dans la chaîne d’exploitation, en attendant la pleine opérationnalisation de la nouvelle société.
Un liquidateur pour piloter la transition
Pour conduire cette opération sensible, les autorités ont confié la mission à un spécialiste. L’expert-comptable Christian Désiré Migan a été désigné liquidateur de la SONAB.
Son mandat, fixé à six mois à compter de sa prise de fonction, couvre l’ensemble des opérations de liquidation. Conformément à l’article 4 du décret, il devra procéder à l’inventaire et à la réévaluation du patrimoine, assurer la réalisation des actifs et le recouvrement des créances.
Il lui revient également de garantir le paiement des droits et avantages des travailleurs, dans le respect des textes en vigueur, ainsi que le règlement des dettes vis-à-vis des partenaires et des tiers.
Une liquidation sous contrôle institutionnel
Le processus est placé sous étroite surveillance. Un comité ad hoc de supervision a été mis en place pour suivre l’évolution des opérations. Il regroupe des représentants de la Présidence de la République, du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère du Cadre de Vie.
Le liquidateur devra présenter, dès son entrée en fonction, une feuille de route détaillée. Des rapports d’étape réguliers sont également exigés jusqu’à la production d’un rapport final de clôture.
Avec cette décision, les statuts de la SONAB adoptés en 2022 sont abrogés avec effet immédiat. Cette dissolution marque la fin d’un cycle pour l’entreprise publique, tout en posant les bases d’un nouveau cadre de gestion du secteur du bois au Bénin.
