Les cinq ressortissants français présents sur le MV Hondius ont quitté dimanche le navire au large de Tenerife avant de rejoindre la France à bord d’un avion médicalisé ayant décollé peu après 11H00 GMT, selon des informations rapportées par l’AFP.
« Tout va bien », a confié à l’AFP l’un des passagers français, Roland Seitre, quelques instants avant le départ de l’appareil. Il a également salué les conditions de l’opération d’évacuation : « Absolument tout le monde parfait, rien à redire ».
À leur arrivée en France, les passagers seront placés en quarantaine à l’hôpital pendant 72 heures afin de subir une évaluation médicale complète, ont indiqué les ministères français de la Santé et des Affaires étrangères dans un communiqué conjoint.
« Trois jours sous surveillance, ça ne nous inquiète pas du tout », a ajouté Roland Seitre, assurant qu’aucun nouveau cas n’avait été signalé à bord depuis la fin du mois d’avril. « On n’a pas de cas à bord depuis la fin avril et personne de malade », a-t-il précisé.
Une évacuation progressive sous contrôle sanitaire
L’opération d’évacuation des quelque 150 passagers et membres d’équipage du navire a démarré dimanche et doit se poursuivre jusqu’à lundi sous une stricte surveillance sanitaire. Quelques instants avant le départ des Français, un premier avion transportant 14 ressortissants espagnols avait déjà quitté Tenerife en direction de Madrid.
Les autorités françaises ont confirmé que les cinq Français voyageaient à bord d’« un vol sanitaire » spécialement affrété. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France doit organiser leur prise en charge à l’atterrissage.
Après les 72 heures de quarantaine hospitalière, les passagers pourront regagner leur domicile si leur état est jugé satisfaisant. Ils devront néanmoins respecter un isolement supplémentaire de 45 jours avec un suivi médical adapté.
Trois décès et six cas confirmés
Selon le dernier bilan communiqué par l’Organisation mondiale de la santé, six cas confirmés d’hantavirus ont été recensés parmi huit cas suspects. Trois personnes sont décédées, dont un couple néerlandais et une passagère allemande.
Le navire fait l’objet d’une alerte sanitaire internationale depuis plusieurs jours. L’OMS estime toutefois que le risque de propagation mondiale demeure « extrêmement faible ».
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a insisté sur le fait que l’hantavirus détecté à bord n’avait rien de comparable au Covid-19. Selon lui, la transmission nécessite un contact très rapproché entre les personnes.
Une souche rare transmissible entre humains
Les spécialistes rappellent que les hantavirus se transmettent généralement par contact avec des rongeurs infectés, notamment via leur urine, leurs excréments ou leur salive. Mais la souche identifiée à bord du MV Hondius serait l’hantavirus Andes, une variante rare capable de se transmettre d’homme à homme.
À ce stade, plusieurs pays ont confirmé des cas liés au foyer du navire, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne et les Pays-Bas. Les autorités sanitaires françaises ont également indiqué qu’elles recherchaient d’éventuels cas contacts parmi les passagers ayant été en relation avec une victime précédemment rapatriée.
L’OMS souligne par ailleurs qu’il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique contre cette maladie, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu sévère. Afin d’aider les pays concernés à renforcer le dépistage, l’Argentine a annoncé l’envoi de près de 2 500 kits de tests vers plusieurs États impliqués dans la gestion de cette crise sanitaire.
Selon les autorités sanitaires internationales, des ressortissants de douze pays se trouvaient à bord du navire au moment de l’alerte.
