L'UE exporte des logiciels espions à des pays qui violent les droits humains, selon un rapport de HRW, qui arguant que de telles technologies peuvent être utilisées par exemple pour réprimer l'opposition.

Bien que le rapport ne mentionne pas les entreprises qui ont fourni ces logiciels outils de surveillance de masse, il précise qu’il s’agit des logiciels de pénétration informatique tels que des spywares (appelés aussi « espiongiciels ») et autres systèmes d'interception des télécommunications permettant les écoutes téléphoniques discrètes.

L’Organisation de défense des droits de l’homme affirme avoir enquêté et obtenu des informations sur l'octroi des licences et sur les expéditions de ces technologies dans chacun des 27 États membres de l'Union européenne, dont la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, la Finlande et la Pologne. Le rapport placarde que les gouvernements de ces Etats de l’UE auraient vendu des logiciels de surveillance à des pays qui ont des antécédents bien documentés de violation des droits humains.

La Bulgarie, précise le document, a livré des outils permettant les écoutes téléphoniques discrètes, à plus de 20 pays, dont l'Azerbaïdjan, mais aussi les Émirats arabes unis, le Vietnam, l'Ouganda ou la Jordanie. Le rapport cite également la Pologne qui aurait exporté vers le Rwanda des systèmes d'interception des télécommunications, en 2023.

L’UE se défend face au rapport de HRW

Les pays exportateurs ont expliqué que l’utilisation de ces logiciels à des fins de surveillance ne présentent aucun danger, qu’aucun risque n'a pour le moment été identifié. Mais pour Human Rights Watch, l'UE n'a clairement pas rempli son rôle : celui d'empêcher ses États membres d'exporter de telles technologies qui peuvent être utilisées par exemple pour réprimer l'opposition.

Se défendant, l'exécutif européen précise que chacun des pays est seul responsable de l'octroi de licences pour l'exportation de biens dits « à double usage ». Le règlement de l'UE, même renforcé en la matière en 2021, après un scandale impliquant des entreprises européennes ayant vendu des outils de surveillance de masse au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, n’a toujours pas dédouané l’UE auprès de HRW.

L'Organisation estime que l’UE a manqué à sa mission de contrôle. Les États membres doivent prendre en compte, selon elle, que ces logiciels peuvent être utilisés à des fins de répression contre l’oppossition par exemple, et demande que les Européens prennent désormais en compte les risques liés à l'utilisation de ce type d'outils.