Les autorités de la transition burkinabè ont ordonné la fermeture de la grande mosquée sunnite de Ouagadougou après plusieurs jours de tensions liées à l’interpellation de l’imam Mohamed Kindo. Entrée en vigueur le jeudi 28 mai 2026, la mesure a été justifiée par un « risque de troubles à l’ordre public », selon un arrêté signé par le gouverneur de la région du Centre, Abdoulaye Bassinga.

À l’origine de cette crise se trouve un projet de loi adopté en Conseil des ministres le 19 mars 2026. Le texte prévoit d’encadrer davantage la pratique des cultes dans les services publics et d’interdire les manifestations religieuses dans certaines institutions de l’État, notamment les administrations, les hôpitaux et les casernes.

Cette initiative gouvernementale a suscité de nombreuses réactions au sein de la communauté musulmane sunnite. Parmi ses détracteurs figure l’imam Mohamed Kindo, l’une des personnalités religieuses les plus influentes du pays, qui a publiquement critiqué le projet sur les réseaux sociaux.

Le mardi 26 mai 2026, l’imam a été arrêté à son domicile à Ouagadougou. Selon plusieurs médias locaux, son interpellation est directement liée à ses prises de position contre le texte gouvernemental. Cette arrestation a rapidement provoqué une vague d’indignation parmi ses partisans.

Manifestations et tensions dans la capitale

L’interpellation de l’imam Kindo, survenue à la veille de la Tabaski, a entraîné des manifestations de centaines de fidèles dans les rues de Ouagadougou. Des affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre, qui ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements dans plusieurs quartiers de la capitale.

Face à la montée des tensions, les autorités ont décidé de fermer jusqu’à nouvel ordre la grande mosquée du mouvement sunnite située dans la Zone d’activités commerciales et administratives (ZACA).

« Est fermée jusqu’à nouvel ordre la grande mosquée du mouvement sunnite de Ouagadougou (...) pour risques de troubles à l’ordre public », indique l’arrêté du gouverneur Abdoulaye Bassinga.

Une décision aux fortes répercussions

Selon le média BF Minutes, cette arrestation n’est pas le premier épisode de tensions lié au projet de loi sur les cultes. Toutefois, l’interpellation de l’imam Kindo a donné une nouvelle ampleur à la contestation, conduisant les autorités à prendre des mesures exceptionnelles.

La fermeture de la grande mosquée sunnite de Ouagadougou, l’un des principaux lieux de culte de la communauté sunnite burkinabè, intervient près de vingt ans après sa réouverture et témoigne de la sensibilité du débat autour de la réglementation des pratiques religieuses dans le pays.