Face à l’avancée de la mer, les résidents de Glogbo Kraké-Plage lancent un appel au secours aux pouvoirs publics. Dans un récit détaillé, le Chef du village, Germain Tawo, a présenté au correspondant de Libre Express l’ampleur des dégâts causés par l’avancée de l’océan.
Installée depuis plus d’un siècle dans cette zone et vivant essentiellement de la pêche, une partie de la communauté se retrouve aujourd’hui sans abri, frappée de plein fouet par une érosion côtière qui gagne du terrain. À Glogbo Kraké-Plage, plusieurs dizaines de maisons ont été englouties par l’avancée de la mer, dont les vagues sont devenues particulièrement violentes ces derniers mois, a indiqué le chef du village.
« Vous voyez, la mer a tellement avancé que toutes ces maisons sont parties. Ici, c’était un bar-restaurant ; là, il y avait un puits. Plus loin, c’était le terrain de football du quartier. Même le petit marché nocturne qui animait la localité a disparu. Mes administrés ont perdu tous leurs biens », a témoigné Germain Tawo.
L’élu local affirme que des représentants d’un ministère s’étaient rendus sur les lieux il y a environ deux ans, au début du phénomène. « Quand la situation a commencé, des cadres d’un ministère étaient venus constater les dégâts. Depuis, plus rien », regrette-t-il, soulignant que l’érosion s’est fortement accélérée ces trois derniers mois.
Dossou Alain, un habitant touché par la catastrophe, explique que les tempêtes sont particulièrement violentes durant la nuit. Au petit matin, les riverains constatent alors l’apparition d’importants bancs de sable. Après quelques semaines d’accalmie, les vagues reviennent avec une force dévastatrice, engloutissant parfois plusieurs dizaines de mètres de terres habitées.
Des sépultures aux commerces, la mer ravage tout sur son passage
Pour Cyrille Koulogbo, la situation à Glogbo Kraké-Plage est « préoccupante ». Outre les habitations détruites, plusieurs tombes ont été endommagées par l’avancée de la mer.
« Les ossements de nos parents enterrés ici sont déterrés et dispersés après chaque nuit de tempête. La mer continue d’avancer », déplore-t-il. Comme plusieurs habitants, il affirme avoir dû récupérer les restes de proches décédés afin de les réinhumer ailleurs.
Une commerçante, dame Silinon, raconte avoir « tout perdu » après que les vagues ont emporté sa maison. « Nous n’avons plus d’habitation. Nos commerces ne fonctionnent plus. Nous avons cessé de vendre et c’est la faillite. Nos hommes ne peuvent plus exercer leurs activités de pêche dans ces conditions. La mer nous a rattrapés et nous vivons constamment dans le danger », s’est-elle insurgée, lançant un appel au secours au président Romuald Wadagni.
