Et si ces enfants ne revenaient jamais ? C’est la question qui hante désormais les familles et les enseignants de l’État d’Oyo, où un enlèvement massif survenu mi-mai continue de tenir en haleine les autorités comme la population.
Les établissements primaires et secondaires de cet État du sud de l’Nigeria sont totalement paralysés depuis lundi 1er juin 2026. À l’origine de cette suspension des cours : une grève générale lancée par le syndicat des enseignants pour dénoncer l’absence de résultats dans la recherche des personnes enlevées.
Au total, 39 élèves et sept enseignants ont été kidnappés dans deux écoles situées à Yawota et Esiele. Les victimes, âgées de 2 à 16 ans pour les enfants pensionnaires, auraient été emportées lors d’attaques armées attribuées par les autorités militaires à des combattants de Boko Haram.
La police parle d’opérations « coordonnées », sans fournir davantage de détails sur le déroulement exact des faits. Les assaillants seraient des éléments du groupe armé ayant quitté leurs bastions habituels sous la pression des opérations militaires menées dans d’autres régions du pays.
Le syndicat des enseignants du Nigeria, à l’origine de la mobilisation, maintient son mouvement « jusqu’à nouvel ordre ». Il dénonce une situation devenue intenable et pointe une détention prolongée « sans aucun signe clair de sauvetage ni de libération » des otages.
Cette crise prend une dimension particulière dans l’État d’Oyo, une zone du sud-ouest du Nigeria réputée plus stable que les régions du nord régulièrement touchées par les enlèvements. L’État abrite notamment la grande métropole universitaire d’Ibadan, ce qui accentue l’impact psychologique et politique de l’attaque.
Face à la situation, les autorités nigérianes ont annoncé une série de mesures d’urgence. Le président Bola Tinubu a validé le recrutement de 1 000 gardes forestiers chargés d’appuyer les recherches sur le terrain.
Une unité spéciale d’enquête a également été mise en place, tandis qu’une délégation gouvernementale de haut niveau a été dépêchée dans l’État d’Oyo. Elle comprend notamment le chef de cabinet du président, le ministre de la Défense et l’inspecteur général de la police.
Sur le terrain, les opérations de recherche se poursuivent sans résultats annoncés pour l’instant, laissant les familles des victimes dans une attente de plus en plus éprouvante.
