Reconnu coupable, Apoutchou National a écopé de trois ans de prison ferme et d’une amende de 264 millions de FCFA. Son co-accusé, Lionel Akobé dit Lionel PCS, a été condamné à cinq ans de prison ferme, assortis de la même amende.

Des biens saisis, des comptes gelés et des actifs confisqués

Au-delà des peines privatives de liberté, le tribunal a ordonné un ensemble de mesures patrimoniales et administratives particulièrement larges dans cette affaire.

Selon les informations issues de la décision judiciaire, les autorités ont procédé à la saisie et à la confiscation de plusieurs biens immobiliers et mobiliers, notamment des terrains et des propriétés appartenant aux condamnés. Dans le cas d’Apoutchou National, plusieurs parcelles situées dans différentes zones du district d’Abidjan figurent parmi les biens concernés, notamment à Bingerville, Anyama et Agboville.

Des comptes bancaires ont également été gelés et confisqués, privant les condamnés de l’accès à leurs ressources financières. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des dispositions de lutte contre le blanchiment de capitaux, visant à empêcher toute dissimulation ou tout transfert d’actifs issus d’activités illicites.

Du côté de Lionel PCS, la justice a également ordonné la saisie de plusieurs véhicules de luxe, pris en charge par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC), en vue de leur éventuelle liquidation.

Interdictions administratives et retrait de droits civiques

En complément des sanctions financières, le tribunal a prononcé une série de mesures restrictives à caractère civique et professionnel.

Les deux condamnés sont frappés d’une interdiction de sortie du territoire national pendant trois ans, assortie d’un retrait de leurs droits civiques et politiques pour la même durée. Cette mesure les prive notamment de participation à la vie électorale et de l’exercice de certains droits fondamentaux liés à la citoyenneté active.

S’y ajoutent également des restrictions professionnelles, notamment l’interdiction d’émettre des chèques, de gérer une société ou d’occuper des fonctions de direction pour une durée prolongée, renforçant ainsi le dispositif de contrôle judiciaire au-delà de la détention.

Une affaire née d’une vidéo virale

L’affaire remonte à 2024, lorsque des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent Apoutchou National exhibant d’importantes sommes d’argent liquide. La viralité de ces images avait conduit les autorités judiciaires à ouvrir une enquête pour soupçon de blanchiment de capitaux.

Les investigations ont ensuite conduit à l’interpellation des principaux suspects, placés en détention provisoire avant leur jugement.

Lors de l’audience du 24 mars 2026, le ministère public avait requis sept ans de prison ferme et une amende de 240 millions de FCFA contre Apoutchou National, estimant que la gravité des faits nécessitait une sanction exemplaire. Les deux accusés disposent encore de la possibilité d’interjeter appel.