À travers une intrigue mêlant humour, drame et critique sociale, ''Un piège adorable'' met en lumière les inégalités sociales et les abus de pouvoir qui peuvent transformer les relations humaines et amoureuses. Le film raconte l’histoire de Koundé, un planton maladroit qui prévoit de rencontrer les parents de sa fiancée Bêtina.
Retardé par les exigences de son patron, Aladji, il se retrouve confronté à une panne de moto qui va bouleverser le cours des événements. Profitant de la situation, le patron accepte de conduire la jeune femme chez ses parents et tente progressivement de gagner leur confiance, au détriment de son employé.
Une œuvre pensée pour porter le cinéma béninois au-delà des frontières
À l’issue de la projection, les spectateurs ont eu l’occasion d’échanger avec le réalisateur lors d’une séance de questions-réponses particulièrement enrichissante. De son vrai nom Jean-Paul Amoussou, Oncle Bazar a expliqué que la réalisation de ce film répondait à une ambition précise : contribuer au rayonnement du cinéma béninois sur la scène internationale.
« Après avoir participé à plusieurs festivals, j’ai compris qu’il fallait produire des œuvres capables de représenter dignement notre pays à l’étranger. Mon objectif était de montrer ce que nous savons faire au Bénin et de contribuer à faire reconnaître notre cinéma », a-t-il déclaré. Le réalisateur affirme également avoir voulu transmettre sa passion aux jeunes générations.
Selon lui, le cinéma est avant tout une vocation et un engagement. « J’ai aimé le cinéma non pas pour l’argent, mais par conviction et par amour. J’ai voulu montrer ce que je sais faire et encourager les jeunes à aimer cet art », a-t-il confié.
Quinze ans après, un film toujours apprécié
Pour Oncle Bazar, la projection de Un piège adorable quinze ans après sa réalisation constitue à la fois une source de fierté et une occasion de mesurer le chemin parcouru.
« C’est une grande joie de voir que ce film continue de susciter l’intérêt du public. Cela montre que nous faisions déjà du cinéma de qualité depuis longtemps. Certaines séquences restent encore très actuelles aujourd’hui », a-t-il souligné.
Les réactions des spectateurs, ponctuées d’applaudissements et de commentaires enthousiastes, ont confirmé l’attachement du public à cette œuvre.
Un appel à soutenir davantage le cinéma béninois
Profitant de cette rencontre avec les cinéphiles, le réalisateur a lancé un message aux jeunes passionnés de cinéma, les invitant à persévérer malgré les difficultés du secteur.
« Il ne faut pas se décourager. Nous-même avons traversé de nombreuses épreuves sans abandonner. Le cinéma est un métier noble et passionnant. Un jour, il y aura un véritable redécollage », a-t-il assuré.
Il a également appelé les pouvoirs publics à accorder davantage d’attention à l’industrie cinématographique.
« Le film béninois est une vitrine du pays. Lorsqu’un étranger regarde un film produit au Bénin, il découvre notre culture et notre réalité. Il est important que les autorités soutiennent davantage les acteurs du secteur afin de relancer la production nationale », a plaidé Oncle Bazar.
Wà Cinéma poursuit sa mission de promotion du cinéma africain
Le directeur général de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati, s’est réjoui du succès de cette nouvelle édition de Wà Cinéma. Selon lui, la projection de Un piège adorable s’inscrit dans le cadre du partenariat entre l’Espace Culturel Le Centre et Bazar Film Productions.
Le choix de cette œuvre répond pleinement aux objectifs du programme, qui vise à promouvoir les productions cinématographiques africaines. « Ce film répond à nos critères de qualité. Quinze ans après sa réalisation, il demeure pertinent et apprécié du public. Cela démontre le talent des réalisateurs, producteurs et acteurs béninois », a-t-il indiqué.
Le responsable culturel a également salué l’engouement du public tout au long de la soirée. « Les réactions des cinéphiles montrent qu’ils ont apprécié le film. C’est ce qui nous encourage à poursuivre cette aventure et à offrir davantage d’espaces de rencontres entre les créateurs et le public », a-t-il affirmé.
Un avenir porteur d’espoir
Malgré les défis auxquels fait face le secteur, notamment le manque de salles de cinéma modernes, Berthold Hinkati demeure optimiste quant à l’avenir du septième art au Bénin.
« Aujourd’hui, nous arrivons déjà à proposer une projection cinématographique chaque mois dans la commune d’Abomey-Calavi. C’est un signe encourageant. Le cinéma est aussi un outil de promotion touristique et culturelle. J’ai l’espoir que les autorités continueront à accompagner ce secteur stratégique », a-t-il déclaré.
Avant de clore la soirée, le directeur de l’Espace Culturel Le Centre a invité le public à participer aux prochaines séances de Wà Cinéma, organisées chaque premier vendredi du mois.
« À travers nos films, nous racontons nous-mêmes notre histoire. Le continent africain n’est plus raconté uniquement par les autres. Il est désormais raconté par ses propres créateurs », a-t-il conclu.
