Quelques semaines après ses prises de position remarquées en faveur du président béninois Romuald Wadagni, Habib Ahandessi se retrouve au cœur d'une nouvelle controverse. L'activiste béninois affirme avoir perdu son statut de réfugié en France. Dans une vidéo diffusée sur ses comptes Facebook et TikTok, il a annoncé avoir reçu, le vendredi 5 juin 2026, une notification l'informant du retrait de la protection dont il bénéficiait sur le territoire français.
Selon ses déclarations, la décision lui aurait été notifiée à la fois via son espace administratif personnel et par courrier électronique. « Vous allez remarquer que j'ai pris certaines positions politiques ces derniers temps. Et je soutiens le chef de l'État. Vous connaissez ma situation ici en France. J'ai remarqué que beaucoup ont écrit aux autorités françaises. Je n'accuse personne. Mais la décision que j'ai reçue aujourd'hui sur mon espace et aussi à travers mon mail, c'est que beaucoup ont saisi les institutions françaises pour qu'on remette en cause ma situation et mon statut ici en France », a-t-il déclaré.
Une annonce qui a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Toutefois, aucune autorité française ne s'est encore exprimée publiquement sur cette affaire et aucun document officiel n'a été rendu public pour confirmer les motifs exacts de la décision évoquée par l'activiste. À noter que l'intéressé lui même a exhibé un extrait de texte de la décision qu'il a reçue.
Ce que l'on sait
Dans sa vidéo, Habib Ahandessi affirme avoir reçu une notification de retrait de son statut de réfugié. Il soutient également que cette décision pourrait être liée à ses récentes prises de position politiques en faveur du président béninois Romuald Wadagni.
« Compte tenu de ces prises de position, j'ai reçu une mauvaise nouvelle : on estime aujourd'hui que je n'ai plus besoin du statut que j'ai. Et ils m'ont envoyé la décision de retrait de statut », a-t-il déclaré.
À ce stade, aucun élément officiel ne permet toutefois d'établir un lien entre ses opinions politiques et la décision qu'il affirme avoir reçue.
Un soutien assumé à Romuald Wadagni
Ces derniers mois, Habib Ahandessi s'est illustré par plusieurs déclarations favorables à l'actuel chef de l'État béninois.
Le 1er septembre 2025, selon le média en ligne Kaweru, l'activiste avait publiquement salué la désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle à l'élection de 2026. Dans des propos relayés par le média, il présentait celui-ci comme un dirigeant compétent et affirmait avoir été personnellement sollicité pour lui apporter son soutien.
Toujours selon le média en ligne Kaweru, Habib Ahandessi avait invité l'opposition béninoise à dépasser ses divisions afin de présenter un candidat capable de rivaliser avec celui qui apparaissait déjà comme le favori du camp présidentiel.
Quelques mois plus tard, le même média rapportait une nouvelle intervention de l'activiste depuis la France. À l'approche du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, il appelait les Béninois à participer massivement au vote, estimant que le boycott électoral revenait à renoncer à son droit de choisir l'avenir du pays.
Plusieurs zones d'ombre
Pour l'heure, plusieurs questions demeurent sans réponse. L'autorité française à l'origine de la décision n'a pas été identifiée publiquement. Les motifs juridiques du retrait évoqué par Habib Ahandessi ne sont pas connus et aucune copie de la notification qu'il affirme avoir reçue n'a été rendue publique à part l'extrait de texte qu'il a montré
Comme l'indiquent les informations disponibles sur le portail officiel de l'administration française ainsi que sur le site de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), les décisions relatives à la protection internationale et au statut de réfugié sont encadrées par des procédures spécifiques et peuvent faire l'objet de recours devant les juridictions compétentes.
Se disant « choqué » par cette situation, Habib Ahandessi affirme néanmoins avoir assumé les conséquences potentielles de ses prises de position publiques. « Je voudrais dire à ceux qui l'ont fait : bien joué ! Je savais le risque que je courais quand je faisais certaines déclarations purement politiques », a-t-il déclaré.
Dans l'attente d'éventuelles précisions des autorités françaises ou de la publication des documents évoqués par l'intéressé, le dossier reste entouré de nombreuses interrogations. Une certitude cependant : l'annonce de Habib Ahandessi relance les débats autour de son évolution politique récente et de ses relations avec le pouvoir béninois.
Aimé AKEKE
