« Dieu règne. Oui je crie allégresse. Alléluia. À lui la gloire et les louanges », a écrit Justin Lewis Denakpo avant de partager la nouvelle de son admission au sein de cette prestigieuse académie.

Originaire de Porto-Novo et natif de Gangban, dans la commune d’Adjohoun, le professeur Denakpo a tenu à rappeler ses racines au moment de célébrer cette distinction. « Je suis Justin Lewis Denakpo, né à Porto-Novo, de Nestor Boton Denakpo et Marie Adonhiho Hounwanou, dignes fils et fille de Gangban », a-t-il déclaré.

Pour le spécialiste béninois, cette élection représente l’aboutissement d’un long parcours académique et professionnel consacré à la santé des femmes, à l’enseignement supérieur et à la recherche médicale. « C’est avec une émotion à peine contenue que je partage avec ma communauté d’amis la nouvelle de mon élection à l’Académie nationale de médecine de France », a-t-il confié.

Créée il y a plus de deux siècles dans le prolongement des réformes médicales initiées sous l’époque napoléonienne, l’Académie nationale de médecine de France figure parmi les institutions scientifiques les plus respectées au monde. Son rôle consiste notamment à éclairer les pouvoirs publics sur les grandes questions de santé, de recherche biomédicale et d’innovation médicale.

Un parcours bâti sur l’excellence et la transmission du savoir

Au Bénin comme à l’international, Justin Lewis Denakpo est reconnu comme l’une des principales références en gynécologie-obstétrique. Professeur titulaire à la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Abomey-Calavi, il a formé plusieurs générations de médecins et de spécialistes au sein de l’espace CAMES.

Au cours de sa carrière, il a dirigé la Clinique universitaire de gynécologie-obstétrique du Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou. Ses domaines d’expertise couvrent notamment la santé maternelle, les grossesses à risque, l’infertilité du couple ainsi que la médecine fœtale.

Grâce à ses nombreux travaux scientifiques publiés dans des revues de référence, il a contribué à accroître la visibilité de la recherche médicale béninoise sur la scène internationale. Son expertise lui a également permis de collaborer avec plusieurs centres hospitaliers universitaires de renom en France, notamment à Paris et à Tours.

Cette reconnaissance s’ajoute à d’autres distinctions obtenues au cours de sa carrière. En 2015 puis en 2018, il avait été récompensé par la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO) à travers le Prix Ipas, décerné pour son engagement en faveur de la santé des femmes dans les pays en développement.

Des soutiens prestigieux salués par le professeur Denakpo

Dans son message de remerciement, le nouveau membre de l’Académie nationale de médecine de France a exprimé sa gratitude envers plusieurs personnalités ayant accompagné sa candidature.

Il a notamment remercié le président et le secrétaire perpétuel de l’institution, ainsi que les professeurs Laurent Mandelbrot, Richard Villet et Yves Ville, qui l’ont conseillé durant plusieurs mois. Le professeur béninois a également rendu un hommage appuyé au docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, pour son soutien tout au long du processus.

Ses remerciements se sont étendus à plusieurs confrères et collaborateurs, parmi lesquels les professeurs Vassilis Tsatsaris, Gilles Grange, Hawa Keita Meyer, Marc Gentilini et Gilles Blody.

Un hommage au Bénin et à ceux qui ont marqué son parcours

Au-delà des distinctions et des honneurs, Justin Lewis Denakpo a tenu à associer cette réussite à son pays et à ceux qui ont contribué à sa formation.

Il a rendu hommage au professeur Eusèbe Alihonou, figure emblématique de la gynécologie-obstétrique béninoise et mentor de nombreux praticiens africains. Il a également dédié son entrée à l’Académie à sa famille, à ses proches, à ses anciens camarades ainsi qu’aux jeunes générations qui pourraient trouver dans son parcours une source d’inspiration.

« Je dédie mon entrée à l’Académie à Roxane Estelle William, à mes frères et sœurs mon socle, à une personne spéciale qui se reconnaîtra, à mes camarades de promotion, à vous les amis, aux plus jeunes que ça pourrait inspirer », a-t-il écrit. Dans un passage plus personnel, le professeur a également livré un message de résilience. Citant un confrère anesthésiste-réanimateur, il rapporte cette phrase reçue à la veille de son élection : « Cela n’arrive pas à ceux qui choisissent de se suicider. »

Pour l’universitaire béninois, cette distinction illustre avant tout la force de la persévérance et de la foi. « Dans nos parcours de vie, il y a toujours quelques personnes toxiques qui oublient une chose : le plan de Dieu pour chacun est implacable et se déroule toujours comme il l’a prévu », a-t-il affirmé.