À quelques heures de cette rencontre de reddition de comptes en fin de mandat, le conseiller de l'Odem, Sylvanus Ayimavo, a fait le point sur les acquis de la 9e mandature.
Selon lui, cette période a été marquée par plusieurs avancées majeures destinées à adapter l'institution aux nouvelles réalités du paysage médiatique béninois.
Trois années de réformes et d'actions au service des médias
La réforme la plus emblématique demeure la relecture du Code de déontologie de la presse béninoise, un texte vieux de plus de vingt-cinq ans. Désormais dénommé Code de déontologie et d'éthique des médias au Bénin, ce document passe de 26 à 33 articles.
Élaborée à l'issue d'une large consultation des professionnels des médias sur toute l'étendue du territoire, cette nouvelle version prend désormais en compte le suivi des médias en ligne, devenus des acteurs incontournables de l'information.
La 9e mandature revendique également d'autres réalisations importantes. Parmi elles figurent le lancement d'un processus de labellisation des médias, l'élaboration d'un plan stratégique destiné à moderniser la gouvernance de l'institution ainsi que l'installation de l'Odem dans une Maison des médias entièrement rénovée grâce à l'appui du gouvernement.
Au cours de ces trois dernières années, l'Observatoire a également poursuivi sa mission d'autorégulation en rendant plusieurs décisions. Certaines ont permis de saluer le professionnalisme de journalistes et d'organes de presse respectueux des règles éthiques, tandis que d'autres ont sanctionné des manquements aux principes déontologiques.
Les défis à relever pour une presse plus crédible
Face aux critiques récurrentes portant sur la qualité des contenus médiatiques, Sylvanus Ayimavo estime que l'amélioration durable du secteur passe par un renforcement de l'autorégulation. Il encourage ainsi la création de comités d'éthique et de déontologie au sein des rédactions. À ce jour, seule la Srtb a officiellement sollicité l'accompagnement de l'Odem pour la mise en place d'un tel dispositif.
Le conseiller insiste sur le fait que ces comités ne constituent pas des instruments de censure, mais des mécanismes de prévention destinés à renforcer la crédibilité des médias. « Plus vous faites attention à ce qui doit être publié ou diffusé, plus vous évitez d'être poursuivi devant les juridictions. […] Le contrôle n'empêche pas la liberté, il renforce plutôt la crédibilité », a-t-il déclaré.
Interrogé sur la précarité économique qui affecte de nombreux professionnels des médias, Sylvanus Ayimavo a rappelé que l'Odem n'a pas pour mission de définir un modèle économique pour les entreprises de presse. Cette responsabilité incombe, selon lui, au patronat de la presse, à travers le Cnpa, ainsi qu'au syndicat Upmb. L'Observatoire poursuit néanmoins son plaidoyer auprès des responsables des médias afin de favoriser des conditions de rémunération plus dignes pour les journalistes.
Autre dossier encore en cours : la mise en place d'un mécanisme de co-régulation avec la Haac. Un document de base a déjà été transmis à l'institution afin de jeter les fondements de cette future collaboration entre les deux organes.
Une reddition de comptes ouvertes aux acteurs des médias
La séance publique de reddition de comptes de la 9e mandature se tiendra le vendredi 3 juillet 2026 à partir de 16 heures, à la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères à Cotonou.
À cette occasion, Sylvanus Ayimavo invite l'ensemble des journalistes, responsables de médias et acteurs du secteur à prendre part à cette rencontre, qui se veut à la fois un exercice de transparence, un moment d'échanges et une réflexion collective sur l'avenir de l'autorégulation des médias au Bénin.
