Le Projet de renforcement de la résilience des systèmes humains et naturels face aux changements climatiques à travers la conservation et l'utilisation durable des écosystèmes de mangroves a franchi une étape importante avec la remise officielle de kits d'équipements à plusieurs organisations communautaires et à des brigades de surveillance.
La cérémonie, organisée à la Direction générale des eaux, forêts et chasse, a réuni des représentants du gouvernement, de la FAO, des autorités locales ainsi que des bénéficiaires venus de plusieurs communes du sud du Bénin.
Onze coopératives bénéficiaires et des brigades de surveillance renforcées
Au total, onze groupements et coopératives évoluant dans les chaînes de valeur de la saliculture écologique, du maraîchage agroécologique et de la fabrication de compost ont reçu des équipements destinés à améliorer leur productivité tout en réduisant la pression sur les mangroves.
Les kits comprennent notamment des tricycles, des brouettes, des motopompes, des bassines, des équipements de séchage, des gants ainsi que divers matériels adaptés aux besoins des bénéficiaires.
La brigade de pêche de la Direction de la production halieutique a également bénéficié d'un important lot d'équipements composé notamment d'un drone, d'un GPS, d'une embarcation, de boîtes à pharmacie et de divers matériels destinés à renforcer la surveillance des paysages de mangroves. Une seconde embarcation est annoncée lors de la prochaine phase de distribution.


Selon le coordonnateur national du projet, le colonel Ahononga Fiacre Codjo, cette remise marque l'aboutissement d'un processus engagé depuis près de deux ans. « Aujourd'hui, c'est un jour très heureux parce qu'enfin un processus qui a commencé il y a environ deux ans a abouti », s'est-il réjoui.
Il a précisé que cinq des groupements bénéficiaires interviennent dans la saliculture écologique, une méthode qui permet de produire du sel sans recourir au bois de mangrove. « Ces groupements n'utilisent pas de bois pour fabriquer du sel. C'est zéro bois contrairement à certains groupements qui utilisent ce bois et détruisent les paysages de mangroves », a-t-il expliqué.
Le coordonnateur a également annoncé qu'une nouvelle vague de distribution d'équipements concernera prochainement les filières écotourisme et pêche, au profit de dix autres groupements.
Un processus de sélection fondé sur des critères rigoureux
Représentant le directeur national du projet, le colonel Sinadouwirou Théophile Abaro, directeur de l'Aménagement et de la Valorisation du Bois, a expliqué que les bénéficiaires ont été retenus à l'issue d'un processus transparent et participatif.
Les plans d'affaires soumis par les candidats ont été évalués selon leur pertinence, leur faisabilité technique, leur viabilité financière, leur capacité à créer des emplois, l'inclusion des femmes et des jeunes ainsi que leur contribution à la conservation des mangroves. « À l'issue de ce processus, 21 promoteurs ont été retenus », a-t-il indiqué.
Les bénéficiaires signeront une convention avec la Direction nationale du projet afin de garantir une utilisation responsable et un entretien adéquat des équipements. « Ces équipements ont vocation à renforcer vos capacités de production et de transformation et à promouvoir des pratiques de production respectueuses de l'environnement », a-t-il souligné.
La FAO met en avant les résultats du projet
Le représentant résident de la FAO au Bénin, Henri-Noël Bouda Zoewindé, a salué la qualité de la coopération avec le gouvernement béninois et les progrès enregistrés depuis le lancement du projet en 2023.
Selon lui, le projet affiche déjà un taux d'exécution physique supérieur à 57 %, avant même son évaluation à mi-parcours. « Ils représentent un investissement tangible dans l'autonomisation économique des communautés, le renforcement des moyens d'existence durable et la préservation des ressources naturelles », a-t-il déclaré à propos des équipements remis.
Le responsable de la FAO a invité les bénéficiaires à assurer une gestion responsable de ces équipements afin qu'ils deviennent de véritables leviers de développement économique et de préservation des mangroves.
Des bénéficiaires déterminés à préserver les mangroves
Au nom des coopératives bénéficiaires, la présidente du groupement Gbénonkpo de Sèmè-Podji, Suzanne Paraiso, a exprimé sa gratitude envers le gouvernement, la FAO et les équipes du projet.
Elle a affirmé que ces équipements permettront aux producteurs de développer une saliculture moderne, basée sur l'évaporation solaire et l'iodation, tout en améliorant les revenus des femmes. « Nous prenons l'engagement solennel d'utiliser ces joyaux qui nous sont confiés avec responsabilité dans le strict respect des objectifs du projet Mangrove », a-t-elle assuré.
Pour elle, cet appui constitue une responsabilité qui permettra de faire de sa coopérative un modèle de réussite au service de toute la filière salicole béninoise.
Le gouvernement réaffirme son engagement pour une économie verte
Représentant le ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, le conseiller technique aux réformes Nsia Séverin a rappelé que cette initiative traduit la volonté du gouvernement de faire de la protection des mangroves un levier de développement économique.
Il a indiqué que les équipements remis représentent un investissement de plus de 43 millions de francs CFA, destiné à renforcer les chaînes de valeur tout en améliorant les capacités de surveillance des écosystèmes de mangroves. « Ils permettront de moderniser les activités économiques, d'améliorer les revenus des bénéficiaires, de promouvoir des alternatives durables à l'exploitation des ressources naturelles et de réduire la pression exercée sur les mangroves », a-t-il déclaré.
Le représentant du ministre a exhorté les bénéficiaires à considérer ces équipements comme « de véritables outils de transformation économique et environnementale », avant de réaffirmer l'engagement du gouvernement à poursuivre ses efforts pour faire des mangroves béninoises une référence régionale en matière de gestion durable des écosystèmes côtiers.
Mis en œuvre avec l'appui du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et de la FAO, le Projet Résilience des mangroves intervient dans neuf communes du sud du Bénin. Il vise à concilier protection de la biodiversité, adaptation aux changements climatiques et amélioration durable des conditions de vie des communautés riveraines.
