A l'Espace Culturel Le Centre d’Abomey-Calavi, le public n'a pas boudé son plaisir. Installés en plein air, les spectateurs ont répondu massivement à l'invitation de Jean-Louis Kédagni pour découvrir De l'art de péter des balivernes, une œuvre aussi surprenante par son titre que par son contenu.
Loin de se limiter à une succession de blagues, le spectacle s'appuie sur un sujet du quotidien, souvent considéré comme tabou, pour proposer une réflexion drôle et originale sur le corps humain, les comportements sociaux et les idées reçues. Pendant près de deux heures, l'artiste alterne anecdotes, improvisations, références historiques et échanges avec le public, dans une ambiance conviviale et détendue.
Le rire au service de la connaissance
Les réactions des spectateurs traduisent l'engouement suscité par cette représentation. Présent après avoir découvert l'annonce du spectacle sur les réseaux sociaux, Dossa Épiphane affirme être reparti à la fois amusé et enrichi.
Pour lui, ce type de spectacle constitue également un véritable moment de bien-être. « L'humour est thérapeutique. Après une semaine très chargée, venir assister à ce genre de spectacle permet de se vider la tête. Je suis venu pour rire et faire du bien à mon corps. J'ai eu ma dose et je rentre tout content ».
Agronome de formation, Adeline Gouto retient particulièrement les moments d'interaction avec le public. « Jean-Louis Kédagni nous a présenté les différents types de pets : les silencieux, ceux qui font du bruit… Et lorsqu'un spectateur a évoqué les "pets congelés", toute l'assistance a éclaté de rire. Nous nous sommes vraiment amusés ce soir ».
Une création inspirée d'un ouvrage du XVIIIᵉ siècle
À l'issue de la représentation, Jean-Louis Kédagni est revenu sur l'origine de cette création. L'idée lui est venue après la découverte de L'art de péter, un ouvrage écrit en 1751 par Nicolas Hurteau. Le livre, consulté en 2010 dans la bibliothèque de Joël Lokossou, directeur de l'espace Dahiyoun à Lyon, a immédiatement retenu son attention.
« Le titre m'a accroché. Je me suis dit que c'était un sujet qui me plaisait. J'ai lu le livre et j'ai commencé à le réécrire à ma manière », explique-t-il. L'humoriste indique également avoir voulu proposer une autre vision du stand-up.
Divertir, mais aussi transmettre des connaissances
Pour Jean-Louis Kédagni, la mission de l'artiste dépasse le simple divertissement. « Notre rôle est de distraire, mais aussi d'éduquer dans la distraction. La meilleure manière de faire passer un message, c'est le rire. Les gens riaient parce qu'ils se reconnaissaient dans les situations que je racontais ».
Au fil de la représentation, l'artiste glisse plusieurs informations inspirées de connaissances médicales et scientifiques. Il rappelle notamment que, d'un point de vue clinique, l'émission de gaz après une intervention chirurgicale constitue un signe important de reprise du fonctionnement intestinal. Il évoque également le fait qu'une personne évacue naturellement des gaz au moins quatorze fois par jour.
À partir de ces réalités, il imagine une classification humoristique des différents « types de pets », en leur attribuant des appellations originales selon leurs sons ou leurs caractéristiques, renforçant ainsi le caractère pédagogique et comique de son spectacle.
Une programmation saluée par le directeur de l’Espace Culturel Le Centre
Le directeur de l'espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, s'est félicité de la forte mobilisation enregistrée lors de cette soirée. Selon lui, les applaudissements nourris tout au long de la représentation, de même que les échanges intervenus à la fin du spectacle, démontrent l'intérêt du public pour cette création.
« Jean-Louis Kédagni était venu me proposer plusieurs spectacles il y a quelques mois. Parmi eux figurait De l'art de péter des balivernes. Le titre m'a immédiatement interpellé. Je me suis demandé s'il existait réellement un art de péter. Cette curiosité m'a convaincu de programmer le spectacle, et je ne regrette absolument pas ce choix. C'est un spectacle à voir et à revoir », confie-t-il.
