Dans « Le Choc 2 », Kossi est emprisonné en France pour violences conjugales, laissant sa compagne Afi en difficulté à Cotonou. Recueillie par Dossa, l’oncle de Kossi, elle finit par séduire ce dernier et provoque le départ de son épouse. À sa libération, Kossi découvre la trahison et décide de rompre avec Afi, avec le soutien de sa famille, tout en récupérant la garde de leur enfant.
Un film qui continue de séduire
La projection a suscité des réactions positives chez les spectateurs. Cinéphile, Irène Joshua dit avoir particulièrement apprécié « l’ingéniosité à travers les jeux d’acteurs ». Selon elle, le film adresse un message aussi bien aux hommes qu’aux femmes et montre les conséquences de certains choix dans la vie de couple.
Géraude Williams a également été impressionnée par les performances des comédiens. « J’ai vraiment été épatée », témoigne-t-elle. La fin du film l’a particulièrement marquée, notamment le rappel d’une mère à son fils qui n’a pas suivi ses conseils. « Il faut toujours écouter ce que nos parents nous disent. C’est très important », retient-elle.
Prince Ogoudjobi : un film financé sur fonds propres
Pour réaliser son œuvre, Prince Ogoudjobi dit avoir misé sur une préparation rigoureuse. Le tournage a duré six semaines, avec une équipe technique hébergée grâce à un partenariat avec le Projet Songhaï. Avrankou, Porto-Novo, Adjarra et Cotonou ont notamment servi de décors.
« Pas de financement, pas de sponsor. Je l’ai fait avec mes propres sous et à la fin, je suis content », explique le réalisateur. Un investissement qui lui a finalement permis de vendre le film à TV5 Monde, d’abord pour 18 mois, avant un renouvellement des droits.
Sur le fond, Prince Ogoudjobi résume son message en quelques mots : « Si quelque chose est pour vous, c’est pour vous. Ne forcez pas. » Il invite ainsi à ne pas chercher à imposer son destin, en référence notamment aux tentatives d’Afi et de sa mère pour obtenir ce qu’elles désirent. « Laissez le destin juger », insiste-t-il.
Un regard critique 16 ans après
Avec le recul, le réalisateur reconnaît qu’il modifierait certains aspects du film s’il devait le refaire aujourd’hui. Tourné à l’époque avec des équipements moins performants, « Le Choc 2 » pourrait, selon lui, bénéficier des technologies actuelles.
« Si c’était à reprendre, on va changer les choses », affirme-t-il, évoquant notamment un tournage en 4K et la révision de certains textes. Formé au Nigeria, Prince Ogoudjobi considère qu’une œuvre doit pouvoir traverser le temps. « Le film, c’est pour toujours. Je pense beaucoup à la qualité. Soit on fait bien, soit on ne fait pas », soutient-il.
Les acteurs reviennent sur leur expérience
Barnabé Afougnon, qui joue Kossi, garde un souvenir fort du tournage. À la lecture du scénario, il s’était dit : « C’est une belle histoire. » Pour lui, incarner ce personnage a demandé un véritable investissement personnel. « C’est vraiment le don de soi », explique-t-il.
L’acteur se dit également prêt à participer à une éventuelle troisième partie. « J’ai hâte de jouer Le Choc 3 », confie-t-il, tout en reconnaissant ne pas savoir si le projet verra le jour.
Dans le rôle d’Afi, Fidèle Gbégnon assume pleinement un personnage qui lui a valu des réactions parfois très directes du public. « Je passe pour la méchante fille, je passe pour la fille malpolie, je passe pour celle qui court derrière les charlatans », raconte-t-elle.
L’actrice ne regrette pourtant pas ce rôle. « Pas du tout », répond-elle, assurant que si elle devait reprendre le personnage, elle le ferait avec encore plus d’audace : « Je vais encore choquer beaucoup plus, parce que j’adore ça. »
Un témoignage du potentiel du cinéma béninois
Pour Berthold Hinkatin, directeur de l’Espace Culturel Le Centre, la soirée a confirmé l’intérêt du public. « Je pense que c’est une très belle projection. Un film que les cinéphiles ont aimé », estime-t-il. La poursuite des échanges entre spectateurs après la discussion officielle en serait, selon lui, une illustration.
À travers le programme Wà Cinema, l’espace culturel cherche à faire découvrir les réalités africaines à travers la fiction. « Quand on regarde Le Choc 1 et après Le Choc 2, on constate que ça véhicule nos réalités, les réalités béninoises », souligne-t-il.
Pour Berthold Hinkatin, le fait que le film reste actuel plus de 15 ans après sa réalisation démontre également la qualité du travail accompli par les cinéastes béninois. Il estime toutefois qu’ils ont besoin de davantage de moyens et d’accompagnement « pour faire plus de merveilles ».

