Plusieurs alertes concernant des tentatives présumées d’enlèvement d’enfants suscitent l’inquiétude à Zian et Oké-Jiré. Les élus locaux et des habitants de ces localités mettent notamment en cause les ramasseurs de ferraille, communément appelés « Gangblégblé », qui sillonnent la zone à la recherche de ferrailles. À ce stade, ces accusations restent toutefois à établir.

Un homme arrêté après une tentative présumée d’enlèvement d’un bébé

Un homme d’environ 38 ans a été arrêté dans une maison à Oké-Jiré. Il aurait tenté de s’emparer d’un bébé mardi vers 5 heures du matin, selon le récit de la mère du nourrisson.

« Nous avons entendu des cris : “Au secours ! Oh voleur !”, dans la maison d’à côté. J’ai donc confié mon bébé à mon enfant de 8 ans pour aller voir, parce que les cris venaient de l’appartement de mon beau-père. Mais, à notre grande surprise, le voleur poursuivi a fui pour se retrouver chez moi et voulait arracher mon bébé des mains de sa grande sœur », a raconté dame Kouakanou à Libre Express.

Elle ajoute avoir entendu : « Donne l’enfant vite ! Donne le bébé ! » lorsqu’elle a couru pour revenir. « Mais il n’a pas voulu partir. Il voulait toujours m’arracher mon enfant. Mon mari n’était pas à la maison. J’ai crié : “Au secours ! Voleur ! Il est ici !” C’est ainsi que les gens ont accouru. Il a alors pris la fuite, emportant mon poste radio. Mais il a été rattrapé et maîtrisé », a raconté, en larmes, la mère de l’enfant. « Appelé en urgence mardi matin, je suis venu voir la personne. Il y avait du monde. Nous avons alerté la police, qui est venue le chercher », indique Jacob Kouakanou, mari de la nourrice.

Le chef de village d’Oké-Jiré, Chègoun Agbotoédo, a fait savoir que l’identité du présumé auteur n’était pas encore connue des services de police. « Pour venir commettre son forfait, il portait un habit, sans caleçon ni pantalon en dessous. Il s’exprimait en yoruba et en français. Il était bien coiffé et s’était également parfumé. Il s’était dépigmenté », a fait savoir l’élu local.

Il ajoute qu’à son arrivée sur les lieux, le présumé voleur d’enfant « avait enlevé deux bagues qu’il portait aux doigts, les avait mises dans sa bouche et avait prononcé des incantations avant de les remettre à ses doigts. Mais ces bagues ont été saisies et emballées dans un sachet avant qu’il ne soit conduit au commissariat ».

Une autre alerte à Zian

Une autre tentative présumée d’enlèvement d’enfants a été signalée vendredi 21 août 2026, vers 10 heures, à Djohoun-Kolé, dans la localité de Zian, selon le chef de village de Zian, Bamiwola Adélou.

Il a déclaré que trois enfants avaient été pourchassés par un chauffeur qui leur aurait demandé de monter dans sa voiture. « Dans un premier temps, l’individu, qui avait garé sa voiture au bord de la voie, a demandé aux enfants de venir prendre place à l’intérieur. Les enfants affirment avoir détalé. Mais le conducteur a fait marche arrière avec sa voiture et les a poursuivis, jusqu’à renverser les marchandises d’une dame. Ce n’est qu’après cela qu’il a pris la fuite avec sa voiture, puisque la vendeuse avait commencé à crier pour alerter les personnes présentes ».

Rencontrée au marché de Zian, jeudi 27 août 2026, la vendeuse, communément appelée « Maman Gloria », a confirmé les faits. « J’ai été un “salut” pour ces enfants », a-t-elle confié, sans donner plus de détails. Le chef de village a précisé qu’aucun des enfants pourchassés n’avait pu être rattrapé. 

Une battue organisée pour retrouver l’agresseur

Les habitants ont organisé une battue dans la zone pour retrouver l’agresseur présumé. Tirant son pousse-pousse, l’homme aurait été reconnu par les enfants présentés comme ses victimes.

« Il a posé l’acte aux environs de 14 heures. Nous l’avons intercepté à 17 heures dans les environs où il avait voulu agresser la jeune fille. Les enfants l’ont reconnu. Le ramasseur de ferraille a été conduit avec les enfants au commissariat de Banigbé », a expliqué l’élu Adélou.

Son collègue d’Oké-Jiré, Chègoun Agbotoédo, a ajouté que la jeune fille agressée n’était plus présente pour faire sa déposition au commissariat. Elle aurait été conduite à Cotonou après les faits, ont rapporté les deux élus locaux.

Les « Gangblégblé » dans le viseur des populations

Ces tentatives présumées d’enlèvement étant attribuées aux ramasseurs de ferraille, la population est visiblement remontée contre les acteurs du secteur. Aucune information officielle consultée ne permet toutefois, à ce stade, d’établir un lien entre ces personnes et les faits rapportés.

Plusieurs personnes rencontrées, notamment des parents dont les enfants auraient été victimes de tentatives d’enlèvement, disent vouloir s’opposer à la présence des acteurs de cette filière dans leurs localités. Le chef de village d’Oké-Jiré, Chègoun Agbotoédo, dit avoir proposé, avec ses pairs élus locaux, d’interdire aux acteurs de cette filière de circuler dans leurs localités.

Cette proposition a été formulée lors du conseil d’arrondissement et sera étudiée à la prochaine session du conseil communal d’Ifangni, a-t-il indiqué. En attendant d’éventuelles décisions sur le phénomène des « Gangblégblé », la population affiche une vigilance accrue. Les accusations visant certains ramasseurs de ferraille restent, à ce stade, des allégations rapportées par des habitants et des élus locaux.