Le rendez-vous pourrait constituer une nouvelle étape dans un dossier qui s’étire depuis plusieurs années et qui continue de susciter de fortes attentes chez les enseignants concernés. Pour la FéNaCEPIB, cette rencontre n’est surtout pas un épisode isolé : elle s’inscrit dans un processus de discussions engagé depuis 2024.
Dans une note d’information rendue publique jeudi 10 septembre par sa Cellule de communication, la Fédération Nationale des Collectifs des Enseignants Pré-insérés du Bénin (FéNaCEPIB) annonce la participation de son bureau national à une séance de travail au Palais de la Présidence. D’autres organisations représentant les AME doivent également prendre part aux échanges, en présence du chef de l’État et de plusieurs membres du gouvernement.
Le reversement en ACDPE au centre des échanges
La question du statut professionnel des AME devrait occuper une place centrale dans les discussions. Plus précisément, la FéNaCEPIB annonce que les échanges devront permettre d’aborder les « modalités et critères d’une intégration juste et équitable » des enseignants concernés dans le corps des Agents contractuels de droit public de l’État.
Il ne s’agit donc pas uniquement de discuter du principe du reversement. Les critères devant encadrer l’opération constituent également un enjeu majeur pour les représentants des AME.
Dans son communiqué, la fédération rappelle que cette audience est « l’aboutissement d’un long processus démarré depuis 2024 avec le Président de la République, alors Ministre de l’Économie et des Finances ».
Cette précision renvoie aux différentes discussions engagées alors que Romuald Wadagni occupait encore le portefeuille de l’Économie et des Finances. La rencontre annoncée ce vendredi doit ainsi permettre de poursuivre les échanges sur un dossier déjà examiné à plusieurs reprises par les autorités et les représentants des enseignants.
Quels critères pour intégrer les AME ?
C’est l’un des points les plus sensibles du dossier. Depuis plusieurs années, les représentants des enseignants demandent que le processus de reversement repose sur des règles qu’ils jugent transparentes et équitables.
La FéNaCEPIB avait notamment contesté par le passé certains critères envisagés pour déterminer les enseignants susceptibles de bénéficier du reversement. Les débats avaient porté notamment sur l’âge, les résultats obtenus au test d’admission et la détention d’un diplôme professionnel d’enseignement.
La fédération avait alors défendu une approche fondée davantage sur l’ancienneté et le parcours professionnel des AME. Elle avait notamment martelé cette position : « Reversement n’est pas égal à sélection ».
Cette différence d’approche explique en partie l’importance accordée aujourd’hui aux « modalités et critères » de l’intégration. Pour les représentants des AME, l’enjeu est de savoir selon quelles règles les enseignants seront retenus et comment sera organisée leur intégration.
Un dossier suivi depuis 2024
La rencontre de ce vendredi intervient après plusieurs étapes de dialogue entre les autorités et les organisations représentant les enseignants pré-insérés.
La FéNaCEPIB insiste d’ailleurs sur cette continuité. Dans sa note, elle rappelle que les échanges ont commencé en 2024 avec Romuald Wadagni, alors ministre de l’Économie et des Finances, ainsi qu’avec ses collaborateurs.
La fédération considère donc l’audience présidentielle comme une nouvelle étape d’un processus qui a connu plusieurs phases de négociation. Elle entend y défendre les préoccupations de ses membres tout en maintenant une démarche qu’elle veut responsable.
Cette volonté est exprimée sans ambiguïté dans le communiqué : la FéNaCEPIB assure qu’elle abordera cette rencontre « avec le même sens de responsabilité qui la caractérise, pour obtenir la meilleure décision possible ».

