Parler des règles pour faire tomber les tabous. C’est le pari fait par l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) en accompagnant cette initiative. L’objectif est de pousser les professionnels de l’information à traiter davantage la question menstruelle, non seulement sous l’angle de l’accès aux protections hygiéniques, mais aussi comme une question de santé, de dignité et de droits.
L’UPMB veut faire des médias des acteurs du changement
Pour Benoît Houandja, Secrétaire général de l’UPMB, les médias ont une responsabilité particulière dans cette bataille contre les préjugés. « L'UPMB croit fermement que les médias ne doivent pas être de simples spectateurs, mais des acteurs engagés du développement humain et de la justice sociale », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette mobilisation doit contribuer à « professionnaliser la couverture des sujets de santé et de genre », tout en luttant contre les tabous et la désinformation. Pour Nadège Bignon ANAGO, présidente de l’ONG Héroïnes d’Aujourd’hui, le problème dépasse également la seule disponibilité des protections menstruelles.
« Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait voir son potentiel bridé, sa scolarité interrompue ou sa dignité piétinée en raison d'un phénomène naturel et biologique », a-t-elle rappelé. Elle estime que la déconstruction des préjugés doit également s’opérer dans les familles, les écoles et les communautés. « Briser le silence permet également d'accompagner les hommes, pères et conjoints souvent démunis ou réservés face à ce sujet », a-t-elle ajouté.
Des productions pour déconstruire les croyances
Le concours a réuni des professionnels de la presse écrite et audiovisuelle, mais aussi des blogueurs, caricaturistes et créateurs de contenu. Leurs productions ont abordé la santé menstruelle sous différents angles.
Certaines œuvres ont notamment mis en lumière le lien entre menstruations, accès au savoir et maintien des filles à l’école. D’autres se sont intéressées aux croyances socioculturelles, avec des témoignages de gardiens de la tradition, de spiritualistes et d’autres acteurs, afin de confronter certaines représentations aux réalités biologiques et aux normes internationales.
Les travaux ont été évalués par un jury présidé par le Dr Tanguy Agoi, président de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias (ODEM), avec une attention portée à la qualité, à l’éthique et à l’impact social des productions.

Une mobilisation appelée à se poursuivre
Pour le consortium « RÈGLE MOI ÇA » et l’ONG Héroïnes d’Aujourd’hui, la remise des prix ne marque pas la fin de l’initiative. Les journalistes et créateurs distingués sont désormais appelés à poursuivre la sensibilisation sur la Santé, la Dignité et la Justice Menstruelles dans leurs différents contenus.
Avec l’appui de l’UPMB, l’ambition est de faire progressivement des menstruations un sujet traité sans gêne dans l’espace médiatique béninois et de contribuer, par l’information, à faire reculer les préjugés qui pèsent encore sur les filles et les femmes.


