L’affaire remonte au 15 juillet 2026. Ce jour-là, le corps d’une femme de 37 ans a été retrouvé dans un terrain vague près de la R21, à Kempton Park. La victime était nue et avait les poignets attachés avec des colliers de serrage. Deux jours plus tard, le 17 juillet, un suspect a été arrêté dans le cadre de cette affaire. Il est toujours détenu, mais la police n’a pas établi que ce dossier était lié aux autres décès.

Un deuxième corps a été découvert le 24 août près de la R21, toujours à Kempton Park. Il s’agissait d’une femme âgée de 32 ans, retrouvée partiellement vêtue. À ce stade, son identité n’a pas été rendue publique. Cette nouvelle découverte est restée, dans un premier temps, traitée comme une affaire distincte.

Une succession de découvertes en septembre

La situation prend une autre dimension au début du mois de septembre. Le 7 septembre, le corps d’une femme probablement âgée d’une vingtaine d’années est retrouvé dans une rivière à Clayville, près du Mall of Tembisa. Elle ne portait que ses sous-vêtements. La police décide ensuite d’intégrer ce dossier à l’enquête collective menée sur les décès de femmes dans Ekurhuleni.

Le 10 septembre, un troisième corps est retrouvé à Kempton Park. La victime, toujours non identifiée, est découverte nue et dans un état avancé de décomposition. Deux jours plus tard, Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, 38 ans, est retrouvée morte à Rhodesfield, derrière un hôtel. La sportive avait disparu le 9 septembre après avoir quitté son domicile pour aller courir. Sa famille identifiera ensuite formellement son corps.

Le 14 septembre, une nouvelle victime est retrouvée à Olifantsfontein. Puis, le lendemain, le corps d’une femme âgée d’environ 35 ans est découvert à KwaThema, dans le secteur de Springs. Cette dernière, identifiée par la suite comme Dineo Evelyn Motapane, 38 ans, avait été vue vivante quelques jours auparavant.

À ce moment-là, les autorités comptabilisent déjà huit femmes mortes dans le cadre de l'enquête élargie. La multiplication des découvertes, leur proximité géographique et certaines similitudes dans les circonstances commencent à susciter de fortes inquiétudes au sein de la population.

Le neuvième corps découvert à Boksburg

Jeudi 17 septembre, une nouvelle découverte fait passer le bilan à neuf. Le corps d’une femme est retrouvé dans des buissons à Dawn Park, à Boksburg, toujours dans Ekurhuleni. Selon les premières constatations communiquées par la police, la victime, âgée d’environ 30 ans, était partiellement dévêtue et son corps aurait pu être abandonné sur place après avoir été tuée ailleurs. Son identité n’a pas encore été rendue publique.

Cette neuvième découverte intervient alors que la police travaille déjà avec une équipe multidisciplinaire comprenant des enquêteurs, des spécialistes médico-légaux, des agents du renseignement et des unités spécialisées. L’objectif est notamment de comparer les éléments recueillis dans chaque dossier : lieux, chronologie, profil des victimes, circonstances des découvertes et résultats médico-légaux.

Des similitudes qui alimentent l’hypothèse d’un même auteur

Plusieurs éléments ont nourri les craintes d’un éventuel tueur en série. Certaines victimes ont été retrouvées nues ou partiellement vêtues et plusieurs corps ont été abandonnés dans des endroits isolés ou au bord des routes. Des similitudes ont également été relevées dans certaines circonstances, ce qui a conduit les autorités à regrouper plusieurs dossiers au sein d’une même enquête.

Ces éléments ont alimenté les spéculations sur l’existence d’un tueur en série ou d’un groupe criminel opérant dans la région. Mais la police sud-africaine refuse, pour l’instant, de tirer cette conclusion.

Le porte-parole de la police et plusieurs responsables de l’enquête ont insisté sur le fait qu’il était prématuré d’affirmer que les neuf femmes avaient été tuées par la même personne ou le même groupe. Selon Eyewitness News, les enquêteurs considèrent encore certains dossiers comme des événements potentiellement distincts et poursuivent les vérifications pour établir d’éventuels liens.

Une enquête sous pression

La succession des découvertes a provoqué une forte inquiétude à Ekurhuleni. Des habitants, des associations et des collectifs de femmes ont demandé aux autorités d'accélérer les investigations et de renforcer la sécurité dans les zones concernées. Des coureuses se sont notamment mobilisées après la mort d’Elizabeth Moselakgomo, dont la disparition puis la découverte du corps ont particulièrement marqué la communauté locale.

La police a intensifié ses opérations à Kempton Park et dans les secteurs voisins. Une récompense de 400 000 rands a également été annoncée pour obtenir des informations susceptibles de faire progresser les enquêtes.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a, de son côté, demandé que toute la lumière soit faite sur ces décès et que toutes les pistes soient examinées. Le gouvernement suit désormais l’évolution de l’enquête alors que la pression monte pour identifier les victimes encore inconnues et déterminer les circonstances exactes de leur mort.

À ce stade, neuf femmes ont donc été retrouvées mortes dans différents secteurs d’Ekurhuleni depuis juillet. Les similitudes entre plusieurs dossiers entretiennent la crainte d’un même auteur, mais l’hypothèse d’un tueur en série n’est pas encore confirmée par la police. L’enquête doit désormais permettre de déterminer si ces neuf décès constituent une seule et même série criminelle ou plusieurs affaires distinctes.