Pour les étudiants, le premier changement est concret : le déplacement vers les campus pourra désormais être préparé depuis un téléphone, sans forcément avoir besoin de se rendre à un point de vente. Le nouveau système permet en effet d’acheter son ticket à distance, soit depuis la plateforme universitaire avec une connexion Internet, soit à travers le code USSD *611# avec un téléphone classique.
La cérémonie officielle de lancement du service s’est déroulée dimanche 20 septembre 2026 sur le campus d’Abomey-Calavi. Des membres du gouvernement, des responsables universitaires, des représentants des étudiants et des responsables de La Poste SA, chargée de l’exploitation, ont pris part à cette étape qui précède le démarrage effectif du réseau.
63 bus pour desservir quatre universités publiques
Le nouveau dispositif concerne les quatre universités publiques du Bénin. La flotte annoncée compte 35 bus affectés à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), huit à l’Université de Parakou (UP), dix à l’Université nationale d’agriculture (UNA) et dix à l’Université nationale des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (UNSTIM).
Le réseau s’étend sur 12 villes : Abomey, Abomey-Calavi, Adjarra, Cotonou, Dangbo, Dassa-Zoumè, Kétou, Lokossa, Natitingou, Parakou, Porto-Novo et Sakété. Au total, 28 lignes doivent assurer les déplacements entre les différentes zones desservies et les centres universitaires concernés.
Des horaires définis selon les localités
Le nouveau réseau ne fonctionnera pas avec un horaire unique pour toutes les villes. Les rotations ont été établies en fonction des besoins et des flux de chaque zone. Dans dix villes, les départs sont programmés à 6h30, 7h45 et 9h10 dans la matinée. D’autres rotations sont prévues à 13h00, 16h00 et 19h00.
Kétou et Sakété disposent d’un calendrier spécifique. Les premiers départs y sont prévus à 7h45, avec des rotations à 7h45 et 12h30, puis à 13h00 et 17h30. Ces horaires doivent notamment permettre de tenir compte des heures de cours et des mouvements des étudiants entre les différentes localités.
Un trajet à 200 FCFA
Le tarif du transport universitaire est fixé à 200 FCFA par trajet. Pour accéder au service, les étudiants doivent disposer d’un ticket valide.
L’une des particularités du nouveau système réside dans le fait que l’achat peut être effectué depuis un téléphone. Deux possibilités sont proposées selon l’équipement de l’étudiant et son accès à Internet.
Avec Internet, le ticket s’achète sur la plateforme universitaire
Les étudiants disposant d’un smartphone connecté peuvent effectuer l’opération à partir de la Plateforme nationale des services universitaires.
Ils doivent accéder à universervices.bj, cliquer sur « Se connecter », puis choisir « Continuer avec PPBER Connect ». Le NPI est ensuite utilisé comme identifiant.
Pour une première connexion, le numéro matricule sert de mot de passe par défaut.
Une fois dans l’espace personnel, l’étudiant doit sélectionner la rubrique « Transport », puis choisir l’option permettant d’acheter son ticket. Le montant à payer est de 200 FCFA par trajet.
Le paiement peut notamment être effectué à travers BJ Pay, avec les réseaux MTN, Moov ou Celtiis.
Sans Internet, le code *611# prend le relais
L’accès au transport n’est pas réservé aux étudiants disposant d’un smartphone ou d’une connexion Internet.
Avec un téléphone classique, il faut composer *611#, puis sélectionner 5 - Transport universitaire.
Lors de la première utilisation sur le téléphone concerné, l’étudiant doit renseigner son NPI et saisir le code PIN qu’il a préalablement défini sur la plateforme web.
Après identification, il sélectionne 2 - Acheter un ticket, indique le nombre de tickets souhaité et valide le paiement. Le portefeuille de tickets est ensuite crédité.
Le code PIN étant personnel, les utilisateurs sont invités à ne pas le communiquer à d’autres personnes.
Acheter le ticket ne suffit pas : il faut le valider
Une fois le ticket acheté, l’étudiant doit encore le faire valider au moment de l’embarquement.
Pour ceux qui utilisent un smartphone, le QR code du ticket doit être présenté à la borne de validation installée dans le bus.
Les étudiants utilisant un téléphone sans Internet disposent également d’une procédure adaptée. Ils peuvent communiquer leur NPI à l’agent chargé de la validation, puis saisir leur code PIN.
Le code correspondant au ticket actif peut aussi être récupéré à partir du *611# et communiqué à l’agent pour permettre la validation.
La Poste assure l’exploitation du réseau
La gestion opérationnelle du service a été confiée à La Poste SA. Chaque bus sera conduit par un chauffeur et accompagné d’un contrôleur.
Les chauffeurs ont été recrutés et formés pour assurer la conduite des véhicules. Les contrôleurs auront notamment pour rôle d’accueillir les passagers, de vérifier et valider les titres de transport, de contribuer au maintien de l’ordre à bord et de signaler les incidents constatés.
Le dispositif comprend également plusieurs mesures de sécurité. La vitesse maximale des bus est fixée à 40 km/h. Des équipements de géolocalisation permettent de suivre les véhicules et notamment de contrôler le respect de cette limitation.
Un système de supervision en temps réel doit également permettre aux équipes de connaître la position des bus et les conditions de déroulement des trajets. Le nombre de passagers à bord sera par ailleurs encadré afin d’éviter les situations de surcharge.
Un projet engagé depuis 2018
La mise en service annoncée pour ce lundi intervient après plusieurs années de préparation. Selon la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Sèdami Fagla, le projet remonte à 2018, avant de connaître une accélération à partir de mai 2026.
À travers ce dispositif, les autorités veulent répondre aux difficultés régulièrement rencontrées par les étudiants pour rejoindre leurs lieux de formation : longues distances, dépenses de transport, temps d’attente, fatigue et retards. « La réussite académique ne se joue pas seulement dans les amphithéâtres, mais aussi sur les chemins qui y conduisent », a déclaré la ministre.
Pour les représentants des étudiants, le nouveau service doit notamment contribuer à réduire les dépenses et le temps consacrés aux déplacements, tout en améliorant les conditions de sécurité et de confort.
Les étudiants appelés à préserver les bus
La pérennisation du dispositif constitue également un enjeu mis en avant lors de la cérémonie de lancement. Les étudiants sont invités à considérer les bus comme un bien collectif et à respecter les équipements mis à leur disposition.
Les organisations estudiantines doivent, de leur côté, contribuer à sensibiliser les usagers au bon usage des véhicules et à faire remonter les éventuelles difficultés constatées sur les lignes. La Poste recommande notamment aux passagers de respecter les horaires et les points d’arrêt, de présenter systématiquement leur titre de transport et d’accorder la priorité aux personnes à mobilité réduite. Le service d’assistance peut être contacté au 01 52 61 10 10 pour toute information complémentaire.

