La tension est montée d’un cran au complexe scolaire primaire public (A, B et C) d’Agouna. Au cœur du différend, des accusations portées contre le directeur du groupe A par le bureau de l’Association des Parents d’Elève (APE), qui lui reproche notamment la mauvaise gestion d’une somme de 225 000 F CFA. Le responsable d’école conteste ces accusations et dénonce, de son côté, des actes de « bradage » du domaine public qu’il attribue à certains membres du bureau de l’APE.
Dans une correspondance datée du jeudi 17 septembre 2026 et signée par le collectif des enseignants en poste dans le complexe, ces derniers expliquent avoir été confrontés à une manifestation organisée par un groupe de personnes identifiées comme des membres du bureau de l’APE sur leur lieu de travail. Selon eux, des manifestants sont entrés dans l’enceinte de l’établissement avec des fétiches.
Estimant que leur sécurité n’est plus garantie, les enseignants demandent leur mutation vers d’autres établissements scolaires.
Un mouvement d’humeur à l’origine de la demande
Tout est parti d’un mouvement d’humeur survenu mardi 15 septembre 2026. Selon les enseignants, le groupe du bureau de l’APE a pris d’assaut l’enceinte de l’établissement pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion du directeur groupe A du complexe. Les protestataires auraient fait intervenir des fétiches liés au culte endogène dans la cour de l’école, dénoncent les enseignants.
Joint au téléphone par Libre Express, le directeur de l’EPP groupe A a déploré la situation et appelé ses collaborateurs au calme. S’agissant de leur demande de mutation, le responsable de l’école estime que « les enseignants signataires de la motion ont agi sous l’effet de la colère. Au regard de la situation, ils ont voulu opposer leur rapport de force… sinon, la plupart d’entre eux se sont installés ici à Agouna avec leur famille… ».
Un présumé détournement au cœur de la polémique
La gestion présumée d’une somme de 225 000 F CFA est au cœur des tensions entre le bureau de l’APE d’Agouna et le directeur du groupe A. Interrogé sur cette affaire, le responsable chargé du groupe A dit ne pas vouloir se prononcer dans l’immédiat. « Je réunis certains éléments pour mieux me prononcer au moment opportun… », explique-t-il.
Toutefois, le directeur d’école mis en cause dans cette affaire a confié à Libre Express que les « initiateurs du mouvement d’humeur n’étaient même pas capables de mobiliser deux personnes pour la défense de leur cause. Et le dernier recours qu’ils avaient, c’est le recours aux fétiches. C’est parce qu’ils ne sont pas suivis dans le village. Ils sont seuls et, pour se dédouaner, ils sont allés chercher le fétiche comme dernier recours… ».
Face à cette crise qui oppose l’administration du complexe au bureau de l’APE, le directeur dit rester serein et ne pas envisager son départ de l’établissement. « …Moi, pour l’instant, je ne demande pas de quitter Agouna. Du tout pas. Je reste là-bas pour opposer le rapport de force jusqu’à… Parce que si je quittais, ce serait trop facile. parce que c’est ce qu' ils veulent, pour se réinstaller dans leur réflexe », a-t-il expliqué.
Le directeur accuse l’APE de « bradage » du domaine public
Dans ce bras de fer, le directeur dénonce également des pratiques qu’il juge peu orthodoxes de la part des instigateurs du mouvement d’humeur. Il les accuse notamment d’être des « prédateurs » des ressources du complexe. « …On a dû sortir une correspondance, nous trois directeurs, pour les déguerpir. Ils ont reçu sommation de quitter la devanture du complexe, où ils se sont installés. Ils prennent des prébendes… », a-t-il dénoncé.
Selon le responsable de l’établissement, plusieurs différends antérieurs ont contribué à envenimer la situation. Il explique que « l’année dernière, ces mêmes membres du bureau de l’APE ont voulu organiser les cours de vacances dans le complexe. Ce à quoi il s’est opposé avec ses autres collègues, parce que le complexe avait été victime de cambriolage des vivres destinés à la cantine scolaire ».
Aux dernières nouvelles, le calme est revenu au complexe scolaire d’Agouna Centre. Les différents acteurs impliqués dans cette crise affirment avoir saisi les instances compétentes afin que les responsabilités soient établies.
