Après Pobè, l’initiative « Coup de poing à l’insalubrité » a mobilisé les habitants d’Igolo. Boutiques fermées et voies désertes, les acteurs des plateformes commerciales se sont joints aux autorités préfectorales et communales, munis de houes, de coupe-coupe, de râteaux, de chariots et de divers outils d’entretien.

« Aujourd’hui, nous sommes à Ifangni pour la campagne de salubrité départementale et trimestrielle. Chaque mois, au niveau des communes, il y a une campagne de salubrité mensuelle. À trois mois, nous descendons tous les maires avec toutes leurs délégations dans une commune pour venir pour l’opération Coup de poing à l’insalubrité », a expliqué le préfet Délonix Djimèco Kogblévi au lancement de la campagne.
L’objectif est d’amener les populations à assainir leur cadre de vie. L’initiative vise également à améliorer le bien-être des populations, selon les autorités politico-administratives présentes à Igolo.

« On lance l’opération aujourd’hui à Ifangni, c’est pour dire aux populations que le cadre de vie est important. Il faut un cadre de vie sain. Nous sommes venus les accompagner, en principe, ils devaient être les premiers à prendre le devant, mais comme nous sommes la tutelle, nous nous sommes dit, nous allons venir les accompagner. Nous allons le faire, et leur donner la main. C’est de l’appui conseil, c’est l’assistance aussi… ça fait partie aussi de nos attributions. Comme on ne peut rien faire face à l’insalubrité, nous leur disons que, quand nous, nous allons finir, les prochaines fois, qu’ils prennent le pli. Demain se construit aujourd’hui. Et pour construire demain aujourd’hui, il faut avoir une bonne santé. Et pour avoir la santé, il faut aménager son cadre de vie », a dit en substance le préfet Délonix Djimèco Kogblévi au lancement de cette campagne de salubrité.
Une initiative en phase avec les orientations du président Wadagni
Selon le préfet, l’assainissement du cadre de vie fait partie des préoccupations du président Romuald Wadagni. Il a fait savoir qu’alors que l’initiative venait de démarrer dans le Plateau, le chef de l’État a demandé aux élus communaux, lors d’une récente rencontre, de renouer avec l’assainissement du cadre de vie.
Selon le maire de la commune d’Ifangni, l’initiative est « un devoir républicain, mais le préfet l’a institué ». Il a ajouté que l’assainissement du cadre de vie fait partie de ses engagements lors de l’installation du conseil communal, le 16 février. « Nous avons pris l’engagement de faire d’Ifangni une commune propre et saine », a rappelé le maire Anselme Aguèmon.
L’élu communal rapporte que « …lors de la dernière rencontre avec le chef de l’État, le président Romuald Wadagni a demandé que chaque maire retourne dans sa commune pour l’assainissement. J’étais très heureux, quand le chef de l’État nous donnait ces instructions ».

Le maire de Kétou, Mme Adégnika Titilola Angélique, a salué cette initiative du préfet, qui sera répercutée au niveau des arrondissements. Cela consistera à organiser la campagne de salubrité chaque dernier samedi du mois dans chaque arrondissement. Elle a également salué la spontanéité avec laquelle les populations sont sorties pour accompagner l’initiative.
« Ce que nous sommes en train de faire et en train de voir, je pense que, spontanément, cela prendra la prochaine fois. Avec la pédagogie que nous utilisons en leur expliquant le bien-fondé de la chose, je vois que la population adhère », a fait remarquer l’élue communale. Elle s’est également félicitée de la mobilisation des hommes et des femmes autour de cette activité. Mme Adégnika Titilola Angélique dit « éprouver un sentiment de satisfaction totale pour cette campagne de salubrité départementale par trimestre, qui donne le bon exemple à la population ».
Appréciant l’enthousiasme autour de l’activité, elle ajoute : « Plus on avance, plus le groupe s’élargit. Ça veut dire que les riverains sortent. Ils ont besoin d’être éduqués de cette manière… pour prendre les bonnes habitudes. On pensait que c’était l’État qui devait le faire. Mais aujourd’hui, par l’exemple, tout le monde sait qu’on peut le faire ensemble ». L’initiative vient consolider la « dynamique de solidarité entre les maires du Plateau », indique Mme Adégnika Titilola Angélique.
La société civile et les associations s’approprient la campagne
Des organisations religieuses, des associations et des groupements implantés dans la commune d’Ifangni ont adhéré à la campagne « Coup de poing à l’insalubrité ». Dans un sursaut patriotique, les habitants sont sortis pour sarcler, déblayer et rendre propres leurs alentours.

Isidore Fassinou, promoteur d’une ferme agroécologique, est à la tête d’un groupe de personnes en pleine activité. Il dit éprouver de la fierté à participer aux travaux d’assainissement. « C’est des initiatives qui sont à soutenir. J’en ai discuté avec le maire d’Ifangni pour soutenir le déploiement de cette campagne de salubrité dans les arrondissements. J’y accorde mon soutien parce que la salubrité, c’est la propreté, la propreté, c’est la santé de nos populations », s’est engagé Isidore Fassinou.
Les cadres de la préfecture étaient aussi à l’œuvre. Ils se sont lancés dans des actions de sensibilisation sur les plateformes d’échanges et divers sites à Igolo. Des séances de sensibilisation ont notamment eu lieu dans les gares routières, les marchés, les ateliers et les boutiques. Robert Ochandé, le chef du service de la tutelle, du contentieux et de la coopération décentralisée de la préfecture de Pobè, s’y est aussi attelé.
« Ce que nous demandons à la population, c’est de savoir que la santé de l’homme dépend de la propreté de son environnement immédiat. Je voudrais demander à la population que chaque ménage s’occupe au moins de sa devanture. Si chaque ménage, chaque chef d’atelier au bord de la voie s’occupe de la propreté de son cadre de vie, mobilise ses apprentis pour… on ne va pas assister à l’insalubrité qui caractérise la plupart des voies », explique M. Ochandé.
Avec la campagne départementale et trimestrielle « Coup de poing à l’insalubrité », les autorités du Plateau se donnent rendez-vous tous les trois mois dans une commune pour accompagner cette initiative, qui doit également se dérouler chaque fin de mois dans les arrondissements.
Préfet, maires, directeurs départementaux et personnels des services déconcentrés se donnent rendez-vous dans trois mois dans une autre commune, pour la même cause. Pour assurer la pérennité de l’initiative, le maire d’Ifangni a annoncé qu’un financement serait prévu dans le budget 2027 pour soutenir les arrondissements dans cette activité.
