Les 18 supporters sénégalais impliqués dans les violences lors de la finale de la CAN Maroc 2025 sont désormais fixés sur leur sort. Au terme de cette décision rendue dans la soirée du lundi 13 avril 2026, neuf prévenus sont condamnés à un an d’emprisonnement, tandis que six autres écopent de six mois de détention. Les trois derniers, condamnés à trois mois, s’apprêtent quant à eux à retrouver prochainement leur pays, leur peine étant sur le point d’être purgée.

Une audience sous tension et hautement symbolique

L’atmosphère dans la salle d’audience s’est révélée particulièrement chargée. À leur arrivée, les supporters sénégalais ont été accueillis par des gestes de soutien venus du public, certains échangeant brièvement en wolof à travers les dispositifs de séparation installés dans la salle.

Les accusés ont ensuite été appelés individuellement à la barre pour vérification d’identité, dans un décor rythmé par le cliquetis des menottes que l’on retire puis replace à chaque passage. Cette mise en scène judiciaire, à la fois solennelle et lourde de sens, a donné le ton d’une audience suivie avec attention.

Neuf heures de débats intenses

L’audience s’est prolongée sur près de neuf heures, illustrant la complexité du dossier. Les différentes parties, défense, partie civile et ministère public ont successivement présenté leurs arguments dans une série d’interventions soutenues.

Les avocats des prévenus ont notamment tenté de fragiliser la procédure en évoquant des irrégularités, tout en sollicitant l’audition d’un représentant de la Confédération africaine de football (CAF). Une demande que la cour a choisi de ne pas trancher immédiatement, préférant la joindre à sa décision finale.

Contestations des accusés et confirmation du verdict en appel

Avant le délibéré, les accusés ont de nouveau été entendus. Tous ont contesté leur implication dans les violences survenues lors de la finale. Certains ont expliqué leur présence sur la pelouse du stade Moulay-Abdellah par la volonté d’échapper à un mouvement de foule dans les tribunes, plaidant ainsi la panique plutôt que l’intention de nuire.

Après s’être retirée aux environs de 22 heures pour délibérer, la cour d’appel de Rabat a rendu sa décision un peu plus d’une heure plus tard. Sans surprise, elle a confirmé en tous points les peines prononcées en première instance, rejetant implicitement les arguments de la défense.

Cette décision met un terme à un volet judiciaire sensible lié à la CAN 2025, tout en laissant subsister des interrogations sur la gestion des incidents ayant émaillé cette finale.