L’international malien n’a laissé que peu de place au doute lors du vote final. Il a largement dominé les suffrages du jury, terminant avec 219 points d’avance sur le Sénégalais Lamine Camara, pensionnaire de l’AS Monaco. Un autre Sénégalais, Moussa Niakhaté de l’Olympique lyonnais, complète le trio de tête.
Cette consécration vient couronner une saison particulièrement réussie pour le RC Lens. Le club nordiste a validé sa qualification directe pour la prochaine Ligue des champions et disputera également la finale de la Coupe de France face à Nice le 22 mai. Dans cette dynamique collective, Sangaré s’est imposé comme l’un des hommes forts de l’équipe.
Dès ses premières apparitions en Ligue 1, le joueur malien a rapidement gagné la confiance de son staff et du public lensois. Son impact dans l’entrejeu, sa capacité à récupérer les ballons, à orienter le jeu et à se projeter offensivement ont fait de lui un élément incontournable du dispositif artésien. Après 33 journées de championnat, il affichait trois buts et quatre passes décisives, des statistiques qui traduisent son influence dans le parcours du club.
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout sa régularité et sa maturité qui ont marqué les observateurs. Arrivé en France sans véritable exposition médiatique, Sangaré a très vite changé de dimension dans un championnat réputé exigeant.
Un parcours construit loin des projecteurs
Originaire de Bamako, Mamadou Sangaré s’inscrit désormais dans la tradition des grands milieux maliens qui ont laissé leur empreinte sur le football européen, à l’image de Seydou Keita, Momo Sissoko ou encore Djila Diarra.
Le joueur a été formé au Yeelen Olympique avant de rejoindre l’Europe en 2020. Direction l’Autriche, où il a poursuivi sa progression au RB Salzbourg puis au Rapid Vienne. Une étape jugée essentielle dans son évolution avant son arrivée en France.
Son entraîneur Pierre Sage estime d’ailleurs que cette expérience autrichienne a joué un rôle majeur dans son adaptation au très haut niveau européen.
« Il a eu un passage en Autriche qui lui a permis sûrement d'appréhender le jeu en Europe, le climat, l'exigence des entraînements, tout ce genre de choses. Et selon moi, c'est une étape qui a été plutôt porteuse dans sa progression et dans sa trajectoire », a expliqué le technicien lensois.
Pierre Sage est également revenu sur les débuts prometteurs du Malien sous le maillot lensois : « Quand il est arrivé, il a mis peut-être dix, quinze minutes avant de rentrer dans le premier match. C'était au Havre. Mais après, il a fait une prestation de haut vol dès sa première convocation et la première fois qu'il jouait dans l'équipe. »
Cette montée en puissance rapide a fini par convaincre tout le monde à Lens, où Sangaré est aujourd’hui considéré comme l’un des visages du renouveau du club.
Les précédents vainqueurs du Prix Marc-Vivien Foé
2009 : Marouane Chamakh (Maroc)
2010 : Gervinho (Côte d’Ivoire)
2011 : Gervinho (Côte d’Ivoire)
2012 : Younès Belhanda (Maroc)
2013 : Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon)
2014 : Vincent Enyeama (Nigeria)
2015 : André Ayew (Ghana)
2016 : Sofiane Boufal (Maroc)
2017 : Jean Michaël Seri (Côte d’Ivoire)
2018 : Karl Toko-Ekambi (Cameroun)
2019 : Nicolas Pépé (Côte d’Ivoire)
2020 : Victor Osimhen (Nigeria)
2021 : Gaël Kakuta (RD Congo)
2022 : Seko Fofana (Côte d’Ivoire)
2023 : Chancel Mbemba (RD Congo)
2024 : Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon)
2025 : Achraf Hakimi (Maroc)
2026 : Mamadou Sangaré (Mali)
Créé en hommage à l’ancien international camerounais Marc-Vivien Foé, disparu tragiquement en 2003, ce prix récompense chaque année le meilleur joueur africain du championnat de France.
