L'Afrique est passée tout près de réussir un nouveau coup d'éclat sur la scène mondiale. Si aucun de ses représentants n'a atteint le dernier carré de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, plusieurs sélections ont prouvé que le fossé qui les séparait autrefois des grandes puissances du football s'est considérablement réduit. Désormais, les différences se jouent souvent dans les derniers instants des rencontres, davantage sur l'expérience et la maîtrise mentale que sur les qualités techniques ou tactiques.

Le Maroc confirme qu'il appartient désormais à l'élite mondiale

S'il fallait retenir une équipe africaine ayant pleinement répondu aux attentes, ce serait incontestablement le Maroc.

Après son parcours historique au Mondial 2022, les Lions de l'Atlas ont confirmé qu'ils faisaient désormais partie des grandes nations du football. Les hommes de Walid Regragui ont une nouvelle fois atteint les quarts de finale, devenant la première sélection africaine à enchaîner deux Coupes du monde avec une présence parmi les huit meilleures équipes de la planète.

Cette régularité traduit la solidité d'un projet sportif construit sur plusieurs années et place désormais le Maroc comme une référence du football africain sur la scène internationale.

L'Égypte, le Cap-Vert et la RDC nourrissent de grands espoirs

Derrière le Maroc, plusieurs sélections ont également laissé une impression très positive. L'Égypte s'est illustrée par son courage et sa qualité de jeu. Les Pharaons ont fait douter l'Argentine, future finaliste, au terme d'un huitième de finale spectaculaire. Malgré l'élimination, leur prestation a démontré qu'ils étaient capables de rivaliser avec les meilleures équipes du monde.

Le Cap-Vert a lui aussi marqué les esprits. Avec un football ambitieux et sans complexe, les Requins bleus ont frôlé un exploit retentissant face à l'Argentine. La sélection capverdienne peut également se targuer d'être restée la seule équipe à ne pas avoir perdu contre l'Espagne, future championne du monde, tout au long de la compétition.

La République démocratique du Congo a également confirmé ses progrès. Les Léopards ont rivalisé avec l'Angleterre avant de s'incliner avec les honneurs. Quant à la Côte d'Ivoire, son parcours s'est arrêté dès les huitièmes de finale, mais les Éléphants ont montré qu'ils pouvaient désormais tenir tête à des adversaires de premier plan.

Le Sénégal, la grande désillusion du tournoi

À l'inverse, le Sénégal repart avec de nombreux regrets. Attendus parmi les principaux ambassadeurs du continent, les Lions de la Teranga ont quitté la compétition prématurément après leur élimination face à la Belgique. Plus que le résultat lui-même, c'est la manière qui a alimenté les critiques.

Les choix du sélectionneur Pape Thiaw ont été largement contestés. À cela se sont ajoutées des difficultés dans la gestion de la Fédération sénégalaise ainsi qu'une communication de crise jugée maladroite. Les tensions internes, exposées publiquement, ont renforcé l'image d'une sélection fragilisée bien avant son élimination.

Un cap franchi, mais le plus difficile reste à accomplir

Au-delà des résultats, cette Coupe du monde confirme une tendance de fond : le football africain continue de progresser. Les sélections du continent disposent désormais des ressources techniques, physiques et tactiques nécessaires pour rivaliser avec les meilleures nations. Elles ne sont plus de simples invités de la phase finale, mais de véritables prétendants capables de bousculer les favoris.

Le défi reste toutefois le même : convertir ces performances prometteuses en parcours historiques. L'expérience, la gestion des moments décisifs et la stabilité des projets sportifs constituent encore les principaux leviers pour permettre à une sélection africaine de viser, à l'avenir, une nouvelle demi-finale, voire une première finale de Coupe du monde.

Le Mondial 2026 laisse ainsi un sentiment partagé pour l'Afrique : celui d'un continent qui confirme sa progression, accumule les promesses et les motifs d'espoir, mais qui doit encore transformer son potentiel en exploits durables au plus haut niveau.